Oeuvres
- marbres de Carrare (16)
- schiste noir poli (16)
- pierre calcaire (12)
- autres marbres, onyx, bois, bronze, etc. (16)
- terres cuites patinées (8)
- oeuvres sur papier (17)
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Peintures "roumaines"
Parti en fin de l’année 1968 de Bucarest pour Paris à l’occasion d’une exposition officielle appelée « Six Jeunes Peintres Roumains », une fois le visa de trente jours épuisé, je gagnais la liberté en choisissant l’exil. Je n’avais rien d’autre qu’un petit sac de voyage et n’avais même pas pris de manteau, pour que les autorités policières ne me soupçonnent pas de vouloir fuir. En Roumanie, les années qui suivirent furent encore plus dures par rapport au relâchement relatif dont j’avais profité après l’affaire de Prague. Je n’y ai plus jamais retourné et il m’a été impossible de faire venir de Bucarest la moindre feuille de papier. Les œuvres qui se trouvaient dans mon petit atelier ont été dispersées chez des amis, mais j’ai récupéré il y a quelque temps une série de petites toiles. Elles correspondent à une période cruciale pour ma formation, aux deux étés de peinture en « plein air » sur les collines d’un village unique au monde.
Ce village porte le nom de Poiana Màrului, et se trouve en bordure des Carpates. Dispersé sur de hautes collines séparées par des vallées profondes et boisées, les sommets dégarnis permettaient un peu d’agriculture malgré la terre pauvre et les pentes abruptes. Sur chaque sommet de colline, il y avait de petites fermes isolées les unes des autres et l’impossibilité d’une collectivisation des terres avait préservé les paysans de ses effets néfastes. À l’époque où j’y allais, ils étaient encore croyants, bons, accueillants, doux et modestes et étaient devenus comme ma famille. C’est là, quittant l’académisme de l’école, que j’ai connu les premiers bonheurs de la création. C’est là que j’ai pu chercher un style, mon style. Un très court récit, " Peinture à Poiana Màrului ", se trouve lié à cette série de photos, il suffit de cliquer dessus. Je joins aussi trois extraits de presse, dont deux écrits par des critiques d’art de Bucarest, le troisième par Dominique Gerst pour la revue parisienne Opus International. Elle avait fait spécialement le voyage en Roumanie, pour voir ce lieu exceptionnel et rencontrer les artistes qui l’avaient fréquenté.











